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Appel du 18 juin – Simonne Mathieu, icône du tennis français et résistante aux côtés du général de Gaulle

La France commémore aujourd’hui le 80e anniversaire de l’Appel du 18 juin par le général de Gaulle en 1940. Une date historique qui permet chaque année à la France de se souvenir de l’homme providentiel que deviendra Charles de Gaulle, mais aussi de ses combattants et de ses résistants. Parmi eux, une championne de tennis. Simonne Mathieu, deuxième femme la plus titrée de l’histoire du tennis français derrière Suzanne Lenglen et à qui le tournoi de Roland-Garros a choisi l’an passé de rendre hommage en donnant son nom au troisième court principal Porte d’Auteuil.

Née le 31 janvier 1908 à Neuilly-sur-Seine, Simonne Mathieu est issue de la grande bourgeoisie. Grande joueuse de tennis, elle est aussi une résistante obstinée, qui s’est engagée auprès du général de Gaulle dès la première heure. “Son enfance est d’ailleurs déjà marquée par un contexte traumatisant avec son père, soldat pendant la Première Guerre mondiale”, raconte la FFT. A l’aube de 1940, Simonne Mathieu est alors en pleine ascension sportive. Joueuse n°1 tricolore avant la guerre, elle remporte après six finales perdues deux fois le tournoi de Roland-Garros en simple, en 1938 et 1939. 

Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, elle dispute alors un tournoi aux Etats-Unis. A l’annonce de cette nouvelle, la jeune femme décide de regagner la France au plus vite. Mais avant, elle fait escale à Londres et choisit d’y rester. A 31 ans, elle entame une nouvelle vie sur les bords de la Tamise, loin de son mari et de ses deux enfants, et rejoint l’Auxilliary Territorial Service, l’armée de terre féminine britannique, où elle deviendra conductrice et traductrice. Une opportunité pour elle de porter l’uniforme, ce qui n’était pas possible pour les femmes dans l’armée française.


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Une des premières femmes à rejoindre l’appel 

Alors que la France capitule et signe l’Armistice le 22 juin 1940, elle refuse de déposer les armes et est une des premières femmes à répondre à l’appel du général Charles de Gaulle. A force de persévérance et d’investissement, on lui propose alors de former une armée et de diriger le “Corps féminin des volontaires françaises” auprès de la France libre. Pour cela, l’ex-joueuse professionnelle suit une formation des rudiments militaires. Lieutenant et bientôt capitaine, elle commande alors les premières femmes à servir sous le statut militaire dans l’armée française et organise le recrutement et les entraînements. La championne de tennis a sous ses ordres une centaine de résistantes, âgées de 18 à 50 ans et de tous les milieux, qui occupent les postes de traductrices, interprètes, secrétaires, pilotes, ambulancières ou encore médecins.

Le 18 avril 1941, une bombe s’écrase sur la caserne du Corps féminin. Une volontaire décède et une dizaine est blessée. Simonne Mathieu accourt en capitaine courage. Elle suscite l’admiration mais son franc-parler dérange et elle est remplacée. Transférée au service du chiffre, autrement dit à l’espionnage, elle excelle dans sa nouvelle mission. 

Simonne Mathieu avec son uniforme des FFL, entre Henri Cochet et Yvon Pétra, lors du "match de la Libération", le 17 septembre 1944 à Roland-Garros
Simonne Mathieu avec son uniforme des FFL, entre Henri Cochet et Yvon Pétra, lors du “match de la Libération”, le 17 septembre 1944 à Roland-Garros © AFP

Aux côtés du général sur les Champs-Elysées le 26 août 1944

Son travail est salué par le général de Gaulle en personne, qui la fera défiler à ses côtés sur les Champs-Elysées le 26 août 1944, jour de gloire du général pour célébrer la Libération de Paris. Trois semaines plus tard, elle foule de nouveau la terre ocre de la Porte d’Auteuil, non pas en tenue de tennis mais en uniforme de capitaine des Forces françaises libres. Elle y donne le coup d’envoi du premier match joué dans le Paris libéré, avec une rencontre de générations opposant Henri Cochet, le mythique “Mousquetaire”, à Yvon Petra, jeune premier incarnant la relève. Après la Libération de Paris, Simonne Mathieu est âgée de 36 ans. Elle ne rejouera pas les Internationaux de France. Elle présidera en revanche par la suite la commission féminine de la Fédération française de tennis et dirigera l’équipe de France de pré-Fed Cup. Malgré sa vie d’exploits et d’engagements, elle retrouvera l’anonymat après la guerre, jusqu’à son décès le 7 janvier 1980. Son nom retrouvera la lumière en 2019, avec le nouveau stade de Roland-Garros.

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