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Aux Comores, l’attentat contre le président serait “un montage” selon l’opposition

Le président Azali Assoumani règne sans partage sur l’archipel des Comores. Une dictature aux yeux de l’opposition pour qui l’attentat est une manipulation.

Le 21 avril dernier, le président Azali Assoumani doit prendre l’avion pour se rendre de l’île d’Anjouan à l’île de Mohéli, deux des îles de l’archipel des Comores. Un individu se présente à l’aéroport pour faire enregistrer un coli qui doit voyager dans la soute de l’appareil utilisé par le président. Sauf que le paquet est refusé et l’homme repart avec sur sa moto. Mais en chemin, pour une raison que la police ignore, le coli explose, blessant grièvement le motard.

Selon Mohamed Abdou, procureur auprès de la Cour de sûreté de l’Etat, le colis contenait une bombe actionnée à distance qui devait exploser durant le vol. Toujours selon la justice, cet attentat aurait servi de signal pour “faire descendre la population dans la rue sur les trois îles de l’archipel une fois l’avion détruit et le président déclaré mort”, écrit l’AFP.

Conséquence directe de l’attentat manqué, l’arrestation de 19 personnes dans le cadre de l’enquête. Plusieurs autres sont “activement recherchées, à l’intérieur comme à l’étranger”, a également indiqué Mohamed Abdou. 16 autres engins explosifs artisanaux auraient aussi été découverts sur l’île d’Anjouan.

Un complot piloté depuis Anjouan est tout à fait envisageable. En vertu de la présidence tournante en vigueur sur l’archipel, l’île devait assurer la présidence en 2021. Un droit qui lui a été retiré lors du référendum sur la Constitution de 2018 organisé par le président Azali Assoumani. La Grande-Comore garde la main jusqu’en 2029, ce qui provoque la colère des habitants d’Anjouan. Mais pour le site Le Mohelien, l’argument du complot anjouanais revient sans cesse et ne sert qu’à renforcer l’image du président.

L’opposition comorienne a une toute autre lecture de l’affaire. “C’est du pipeau, un montage comme Azali en fabrique tous les jours à chaque fois qu’il veut arrêter des gens”, a réagi mardi 26 mai le porte-parole de l’opposition, Ibrahim Abdourazakou Razida, joint par l’AFP. Une position partagée par le mouvement Ndzouani en marche (NEM), qui lutte pour que l’île d’Anjouan puisse assurer la présidence des Comores en 2021, précise l’AFP. “Comme on avance vers 2021, Azali cherche à coffrer préventivement certaines personnalités”, a estimé le coordonnateur du NEM, Ben Omar.

En parallèle, le référendum de 2018 a permis au président de modifier les règles de la présidentielle et ainsi de se présenter pour un nouveau mandat en 2019. L’opposition, qui compare son régime à une “dictature”, n’a jamais reconnu les résultats du scrutin de 2019 et dénoncé des fraudes caractérisées, comme la plupart des observateurs étrangers ou de la société civile.

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