Business

Crise de gouvernance à la tête du groupe Dassault

Alors que Thierry Dassault, en dépit de la règle tacite de présidence tournante du conseil de surveillance du holding Groupe industriel Marcel Dassault (GIMD), a été renouvelé à ce poste en juin dernier, son frère Laurent, à qui devait échoir la fonction, “n’a pas pu en bénéficier car il n’avait pas respecté les règles”. Laurent Dassault a porté l’affaire devant un comité des sages mis en place par Serge Dassault (1925- 2018) pour “conseiller” les héritiers et aplanir leurs éventuels différends. La fortune professionnelle de la famille Dassault est évaluée à 23,5 milliards d’euros d’après notre classement des Fortunes. 

En 2015, Serge Dassault avait désigné comme “président successif” son lieutenant de toujours Charles Edelstenne, qui tient ferme les rênes de la holding, actionnaire notamment de Dassault Aviation, Dassault Systèmes, Artcurial ou Le Figaro. Sachant que Charles Edelstenne est aujourd’hui âgé de 82 ans c’est le prochain chapitre de cette succession explosive qui est en jeu, même s’il est prévu qu’il conservera ses fonctions opérationnelles chez GIMD jusqu’en 2023 (la limite d’âge étant fixée à 85 ans). Début 2019, une note d’analystes de CM-CIC évoquait un calendrier plus serré avec un passage de témoin programmé “au plus tard-mi 2020”.  Le groupe avait alors assuré “ne pas avoir connaissance de cette échéance.”  

Barons de Serge Dassault

Quelle que soit l’échéance, la tension semble monter au sein de la famille (Olivier, Laurent, Thierry, Marie-Hélène) et le comité des sages devrait avoir un rôle capital, peut-être plus tôt que prévu. Selon nos informations, ce comité était composé en juillet 2019 de cinq membres : le patron de Scor Denis Kessler, l’ancien PDG d’EDF Henri Proglio, l’ancien préfet de police Pierre Mutz, le notaire Bernard Monassier et l’ancien patron de PSA Jean-Martin Folz. La solution la plus consensuelle pour la succession d’Edelstenne serait de recruter une personnalité extérieure à la famille. Même si certains des enfants pourraient afficher quelques ambitions.

L’aîné, Olivier Dassault, avait par exemple défrayé la chronique en 2009 en se déclarant candidat à la succession de Serge Dassault, se faisant vertement remettre à sa place. Les relations entre les héritiers ont toujours été très variables, voire houleuses, notamment entre les deux aînés Olivier et Laurent. Il faudra donc probablement chercher ailleurs le futur patron de la maison. Deux noms circulent en interne depuis des années : Eric Trappier (Dassault Aviation) et Bernard Charlès (Dassault Systèmes), deux barons de Serge Dassault qu’il faudra bien départager. A moins qu’une personnalité extérieure à la fois au groupe et à la famille ne sorte du chapeau.

Alors que Thierry Dassault, en dépit de la règle tacite de présidence tournante du conseil de surveillance du holding Groupe industriel Marcel Dassault (GIMD), a été renouvelé à ce poste en juin dernier, son frère Laurent, à qui devait échoir la fonction, “n’a pas pu en bénéficier car il n’avait pas respecté les règles”. Laurent Dassault a porté l’affaire devant un comité des sages mis en place par Serge Dassault (1925- 2018) pour “conseiller” les héritiers et aplanir leurs éventuels différends. La fortune professionnelle de la famille Dassault est évaluée à 23,5 milliards d’euros d’après notre classement des Fortunes. 

En 2015, Serge Dassault avait désigné comme “président successif” son lieutenant de toujours Charles Edelstenne, qui tient ferme les rênes de la holding, actionnaire notamment de Dassault Aviation, Dassault Systèmes, Artcurial ou Le Figaro. Sachant que Charles Edelstenne est aujourd’hui âgé de 82 ans

Tags

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button
Close
Close