Videos

Des manifestants fondent une « zone autonome » à Seattle, Trump dénonce un « terrorisme intérieur »

En quelques semaines, les Etats-Unis sont passés de la levée du confinement à un vaste mouvement de contestation des violences policières à l’égard des Afro-Américains, après le meurtre de George Floyd par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis, puis à une remise en cause plus large encore du système institutionnel américain et des inégalités qu’il entraîne.

C’est en tout cas ce que tend à montrer la création d’une “zone autonome”, ou “Capitol Hill Autonomous Zone” dans la bouche de ses fondateurs,  établie par les manifestants autour d’un commissariat du centre de Seattle, dans l’Etat de Washington au nord-ouest du pays, après que les policiers l’ont quitté temporairement. 

Les revendications fleurissent

Le Seattle Times a brossé le tableau de cette expérience communautaire. Evoquant un mélange de “fête de quartier” et de manifestation populaire, le quotidien a souligné l’inscription du slogan “Black Lives Matter” (“La vie des noirs compte”, en français) sur l’avenue traversant ce territoire de part en part. Celui-ci est délimité par la présence de barricades et de barrières à quatre endroits différents. Le dispositif a pour objectif d’interdire l’accès aux véhicules et aux policiers.

Projections de films en plein air, cours, distribution de nourritures et soins gratuits sont quelques-unes des activités organisées au sein de cet espace. Les manifestants ont confié vouloir transformer le commissariat déserté en centre communautaire. Et sur la devanture de celui-ci a été accrochée, selon le New York Times, une banderole proclamant: “Cette zone est la propriété du peuple de Seattle”.

D’autres revendications fleurissent alentours d’après le journal new-yorkais, comme l’extinction des fonds alloués à la police, l’investissement dans la santé publique et l’abandon des poursuites contre les manifestants. 

Menaces d’incendie

Des délits ont cependant été signalés, comme le Seattle Times s’en fait l’écho: des actes de vandalisme, des atteintes à la propriété. Quelques individus ont exhibé leur fusil, port d’arme en évidence toutefois autorisé dans cet Etat. La patronne de la police locale, Carmen Best, a relayé jeudi des bruits plus sombres dans une vidéo, parlant d’extorsion des commerçants locaux, de contrôle d’identité des riverains. Elle est pourtant revenue sur ses propos quelques heures plus tard: “Nous n’avons reçu aucun signalement formel au sujet de telles choses”.

Carmen Best a aussi évoqué la genèse de la situation et le départ des policiers du commissariat. Ceux-ci sont partis lundi après plusieurs jours de tensions avec les manifestants et après avoir reçu, d’après les autorités, des menaces agitant la possibilité d’incendier leurs locaux. “Alors que les agents étaient en train de sortir des affaires du commissariat, ils ne voulaient plus y retourner. Ce n’était pas ma décision”, a-t-elle dit, comme l’a rapporté le quotidien local. Si elle a assuré que les forces de l’ordre regagneraient leurs pénates, elle n’a pas avancé de calendrier. 

Passe d’armes

La municipalité entend bien les y réinstaller. Mais les autorités locales, temporisant depuis l’instauration de ce territoire, ont attiré sur elles les foudres de la Maison Blanche. A plusieurs reprises depuis mercredi, Donald Trump a tempêté contre “le terrorisme intérieur” qu’il juge à l’oeuvre à Seattle et contre ce qu’il voit comme la passivité des pouvoirs publics. Jeudi, il a tweeté: “Les anarchistes viennent de s’emparer de Seattle et le gouverneur libéral-démocrate vient de dire qu’il n’était ‘au courant de rien'”.

Dans la foulée, s’adressant encore au gouverneur de l’Etat de Washington, Jay Inslee, et à la maire de Seattle Jenny Durkan, il a durci le ton: “Reprenez le contrôle de votre ville MAINTENANT. Si vous ne le faites pas, je le ferai. On ne joue pas là. Ces anarchistes hideux doivent être stoppés IMMEDIATEMENT. BOUGEZ VOUS!”

Jenny Durkan a rétorqué sèchement: “Assurez notre sécurité à tous. Redescendez dans votre bunker #BlackLivesMatter”. Elle faisait ainsi référence au séjour de Donald Trump dans le bunker de la Maison Blanche, encadré par son service de sécurité, en raison de l’avancée d’une manifestation. 

Tags

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button
Close
Close