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La Grande Boucle avec Froome, Bernal, Alaphilippe, Bardet, passe en mode e-sport

Nous n’imaginions pas un mois de juillet sans cyclisme, et encore moins sans Tour de France. Il fallait faire quelque chose“, résume Julien Goupil, directeur du département des médias chez ASO. Alors que la Grande Boucle a été décalée à la fin de l’été, les équipes d’ASO ont donc réfléchi à une autre version : une édition virtuelle. “L’idée de base, c’était d’organiser un événement solidaire“, précise Julien Goupil. Très vite, quand la vague du e-cycling a déferlé sur les fans de vélo pendant le confinement, la possibilité d’un Tour de France virtuel a vite germé. “On a vu le Tour des Flandres virtuel organisé début avril. En règle général, on est très attentif sur toutes les innovations technologiques“, raconte-t-il. Attentif, et novateur. Pour la première fois cet été, la Grande Boucle aura son édition virtuelle.

Bernal, Alaphillipe, Froome… : les stars au rendez-vous

Au total, six étapes d’environ une heure chacune sont au programme. “Pour avoir échangé avec des coureurs qui ont déjà fait plusieurs compétitions virtuelles, c’est extrêmement intense. Une heure d’effort en home-trainer, c’est digne d’une contre-la-montre“, justifie Thomas Voeckler pour le nombre d’étapes. En ce qui concerne leur planification sur trois week-ends de juillet, l’explication est tout aussi simple : “Les coureurs sont en pleine préparation estivale. On a imaginé ce format avec eux, en totale concertation. Si on avait fait trois semaines avec des étapes quotidiennes comme sur le Tour, on n’aurait eu personne“, analyse, lucide, Julien Goupil.

Et un rapide coup d’œil eau casting de ce Tour virtuel donne raison à la stratégie d’ASO : Egan Bernal, Geraint Thomas, Christopher Froome, Julian Alaphilippe, Richie Porte, Greg Van Avermaet, Mathieu Van der Poel, Nairo Quintana, Mads Pedersen, Warren Barguil, Romain Bardet, tous serons du rendez-vous chez les hommes. Et chez les femmes aussi les grands noms ont répondu présent : Chloé Dygert, Anna van der Breggen, Chantal Blaak, Marianne Vos, Coryn Rivera, Marta Bastianelli… Au total, 23 équipes professionnelles masculines et 16 féminines seront au départ de ce Tour de France virtuel diffusé dans 130 pays. Un beau total pour une première.

En ce qui concerne le parcours, celui-ci comprendra donc 6 étapes sur la plateforme Zwift. Les deux premières étapes, montagneuses, auront lieu dans un décor rappelant Nice, ville départ, les 4 et 5 juillet. L’étape 3 sera elle plate, inspirée du nord-Est de la France, tandis que la quatrième sera vallonnée dans un décor du Sud-Ouest de la France. Le sommet de ce Tour virtuel sera sa cinquième étape avec une arrivée au Chalet-Reynard, avant une dernière journée de course qui mènera sur les Champs-Elysées. Sur ces 6 tracés compris entre 23 km et 48 km, trois seront aussi ouverts au grand public chaque week-end de course : les étapes 2, 4 et 5. “On voulait faire plaisir aux fans de vélo en leur offrant une compétition et du spectacle, mais aussi en leur donnant la possibilité de faire le parcours eux-aussi. Il y aura des créneaux ouverts pour tous les continents“, avance Julien Goupil.

Une première pour la bonne cause

Pour ceux qui préféreront rester devant leur écran plutôt que d’enfourcher leur home-trainer, France Télévisions, qui retransmettra l’évènement, proposera un multi-écran : “Les spectateurs pourront voir la course, et aussi les coureurs en train de pédaler chez eux”, éclaire Julien Goupil. Et bonne nouvelle : les maillots distinctifs seront de la partie. “En plus des maillots des équipes, on a introduit les maillots jaune, à pois, vert et blanc“, se réjouit le responsable d’ASO. Sauf qu’à la différence du Tour, leur classement seront tous à points. A chaque arrivée, la place accrochée par chaque cycliste lui accordera un nombre de points. Précision importante : chaque jour, une équipe engagera 4 coureurs et pourra renouveler son quatuor le lendemain. “Autrement dit, si une équipe détient le maillot jaune mais que sur l’étape suivante son porteur n’est pas là, un de ses coéquipiers revêtira le maillot. C’est une course par équipe plus qu’individuel“, explique Julien Goupil. Le coureur le plus combatif de chaque étape sera lui désigné par les Twittos.

 

Au-delà du maillot jaune, la symbolique de ce premier Tour de France virtuel sera plus importante que ses enjeux e-sportifs. En effet, cette édition est destinée à lever des fonds pour cinq associations : Emmaüs, le Secours Populaire français, Jeugdfonds Sport & Culture, BiJeWa, et Qhubeka. “On a voulu prendre des associations qui ont un rapport avec le vélo“, assure Julien Goupil. Aucun enjeu sportif donc, mais cette épreuve virtuelle peut-elle aider les coureurs à se préparer pour le véritable Tour ? “C’est incomparable avec la pratique extérieure, mais ce n’est pas du cinéma : il y a un vrai effort. Il est trop réduit pour que ça serve de préparation, mais peut rentrer dans le cadre d’une séance d’entraînement“, répond Thomas Vœckler.


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L’ancien coureur français salue d’ailleurs l’initiative : “Cela permet de garder un lien avec la compétition pour les coureurs, et aussi un lien social entre eux. Le peloton est une communauté. Et ça fait patienter le public, et permet de faire découvrir plus largement cette innovation. J’avais un œil léger sur le e-cycling, là j’ai regardé de plus près pendant le confinement et c’est assez bluffant, notamment les reproductions de parcours, de phénomène aspiration, etc. Pour le public ce sera intéressant et une belle mise en bouche avant le vrai Tour”. Cela tombe bien, les mordus de pédale ont faim. 

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