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Le Liban va bien mal : l’armée supprime la viande des rations

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Malcolm P Chapman / Getty Images

L’armée libanaise ne va plus servir de la viande dans les repas fournis aux soldats, a rapporté mardi 30 juin l’agence nationale d’information (ANI), dans un pays en plein naufrage économique et en proie à une explosion de l’inflation. Depuis plusieurs mois, le Liban est secoué par la plus grave crise économique de son histoire, marquée par une dépréciation inédite de sa monnaie nationale qui a plongé près de la moitié de la population dans la pauvreté. “En raison des difficiles conditions de vie dont souffre le Liban, l’institution militaire qui traverse les mêmes difficultés économiques, a supprimé la viande des repas servis aux soldats durant leur service”, d’après l’ANI.

Dans un pays où quasiment tout est importé, le prix des produits alimentaires ont bondi de 72% entre octobre 2019 et fin mai 2020, selon l’Association de protection des consommateurs. En près de deux mois, le prix du kilo de bœuf chez certains bouchers de Beyrouth est passé de 18.000 livres libanaises à 50.000 livres, tandis que la viande de mouton atteint désormais les 80.000 livres contre 30.000 auparavant.

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Mardi, le ministre de l’Economie, Raoul Nehmé, a annoncé une augmentation du prix du sac de pain de 1.500 à 2.000 livres, a rapporté l’ANI, soit une hausse de plus de 30%. Cette hyperinflation risque de se poursuivre, alors que la livre poursuit sa dégringolade sur le marché noir. Mardi, la monnaie nationale s’échange à plus de 8.000 livres pour un dollar, contre 5.000 livres pour un dollar il y a dix jours. Officiellement, la livre est toujours indexée sur le dollar depuis 1997 au taux fixe de 1.507 livres.

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Le syndicat des bouchers et des négociants en bétail a rapporté mardi dans un communiqué la fermeture de “plus de 60% des boutiques de viande” en raison de “la montée en flèche du dollar”. “Débloquez notre argent des banques ou subventionnez le secteur”, a averti le syndicat à l’adresse des autorités. “Sinon nous n’aurons pas d’autre choix que la fermeture”. La crise actuelle a sonné le glas d’une classe moyenne déjà érodée par des années de ralentissement économique. Selon les autorités, 45% de la population vit sous le seuil de pauvreté. La crise économique a été un des catalyseurs en octobre d’un soulèvement inédit contre l’intégralité de la classe politique, accusée de corruption et d’incompétence.

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